La réforme de la facturation électronique est entrée en vigueur le 1er septembre 2026. Toute entreprise établie en France doit désormais être en mesure de recevoir des factures électroniques structurées pour ses transactions B2B domestiques, et le papier comme le PDF ordinaire ne sont plus valables pour ces transactions. La taille ne vous en dispense pas, et la franchise en base de TVA non plus : les entrepreneurs individuels et les micro-entreprises sont dans le périmètre au même titre que les grands groupes. Le portail public de l’État n’est pas une solution pour recevoir vos factures, ce qui signifie qu’il faut passer par une plateforme agréée privée. Si vous êtes établi hors de France et que vous facturez un client français, la réforme ne vous oblige pas directement, mais votre client a maintenant une obligation de déclaration qui dépend de la facture que vous lui envoyez.
La France construit depuis plusieurs années l’un des systèmes de facturation électronique les plus ambitieux d’Europe, et la première échéance ferme est désormais passée.
La facture électronique structurée est obligatoire pour les transactions B2B domestiques entre entreprises établies en France. Le mot important est « structurée ». Un PDF généré par un outil de facturation puis envoyé en pièce jointe n’est pas une facture électronique structurée, même s’il est électronique. Trois formats sont acceptés : le Factur-X, un PDF hybride dans lequel sont intégrées des données lisibles par une machine, ainsi que l’UBL 2.1 et le CII, qui sont des formats de données purs.
Les factures ne circulent plus par e-mail. Elles transitent par des plateformes agréées : des plateformes privées immatriculées par l’administration fiscale, autorisées à émettre, recevoir, acheminer et transmettre les données de facturation pour le compte d’une entreprise. Les 101 premières ont été agréées avant l’échéance. Le terme a remplacé l’ancienne appellation « PDP » en juillet 2025, sans que le rôle ni les exigences d’immatriculation ne changent. Le Portail Public de Facturation, l’infrastructure centrale de l’État, tient l’annuaire qui indique aux plateformes où livrer une facture.
Une seconde obligation est arrivée à la même date, et les confondre est l’erreur la plus fréquente. La facturation électronique concerne les transactions B2B domestiques, avec une vraie facture qui circule dans le système. L’e-reporting concerne tout ce qui sort de ce périmètre — ventes aux particuliers, transactions transfrontalières, exportations — et consiste à transmettre des données de transaction à l’administration sans qu’une facture ne circule. Sortir du périmètre de l’une ne veut pas dire sortir de celui de l’autre.
Les tentatives de report ont échoué. Un amendement visant à décaler la réforme a été rejeté par l’Assemblée nationale en 2025, et le calendrier n’a pas bougé depuis.
Les obligations sont échelonnées selon la taille de l’entreprise, et les deux volets — recevoir et émettre — n’arrivent pas en même temps.
| Doit pouvoir recevoir | Doit émettre et faire l’e-reporting | |
|---|---|---|
| Grandes entreprises et ETI | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2026 |
| PME et micro-entreprises | 1er septembre 2026 | 1er septembre 2027 |
L’obligation de réception s’applique à toute entreprise établie en France, quelle que soit sa taille, et elle est en vigueur depuis le 1er septembre 2026. C’est celle qu’on rate, parce que la plupart des articles mettent en avant l’échéance de 2027 et font passer la date antérieure pour un détail.
C’est aussi celle qu’on prend facilement pour le problème de quelqu’un d’autre, parce qu’elle ne porte pas sur les factures que vous envoyez. Elle porte sur ce qui se passe quand une entreprise française vous envoie une facture : un fournisseur, un sous-traitant, un prestataire. Les grandes entreprises et les ETI françaises émettent des factures structurées depuis septembre, et il leur faut un endroit où les livrer.
Un détail à vérifier plutôt qu’à supposer : votre catégorie de taille a été figée selon votre situation au 1er janvier 2025. Avoir grandi depuis ne vous fait pas basculer vers une échéance plus tardive.
Les entreprises disposant d’un numéro de TVA français mais non établies en France sont hors du périmètre de la facturation électronique domestique. Leurs obligations d’e-reporting ont été reportées à septembre 2027.
C’est l’hypothèse la plus susceptible de poser problème.
Un grand nombre de petites entreprises françaises relèvent de la franchise en base de TVA : elles restent sous un seuil de chiffre d’affaires, ne facturent pas de TVA et n’en récupèrent pas. Les factures ne portent aucune TVA, aucune déclaration n’est déposée, et il est assez naturel de supposer qu’une réforme construite autour des données de TVA ne s’applique pas.
Ce n’est pas ainsi que cela fonctionne, et la raison tient à une distinction du droit fiscal français facile à manquer. La réforme vise les assujettis à la TVA — ceux qui entrent dans la catégorie juridique — et non les seuls redevables de la TVA, c’est-à-dire ceux qui la collectent et la reversent effectivement. Une entreprise en franchise reste assujettie. Elle est dispensée de collecter la taxe, pas sortie de la catégorie. Elle est donc dans le périmètre : réception depuis septembre 2026, émission à partir de septembre 2027.
Il existe une exception réelle mais étroite. Les activités elles-mêmes exonérées de TVA au sens des articles 261 à 261 E du Code général des impôts sont dispensées de l’obligation d’émission. C’est une liste précise, pas une échappatoire générale, et il vaut mieux faire confirmer par un expert-comptable que votre activité y figure plutôt que de le supposer.
Il existe aussi un véritable allègement. Les entreprises en franchise transmettent leurs données d’e-reporting tous les deux mois, contre un rythme plus soutenu pour les régimes réels.
Une seconde idée reçue est désormais fausse elle aussi. À la conception de la réforme, le portail de l’État devait offrir une voie gratuite pour émettre et recevoir les factures. Ce projet a été abandonné en octobre 2024. Le Portail Public de Facturation fonctionne maintenant comme un annuaire et un concentrateur de données, pas comme une boîte de réception gratuite. Recevoir des factures structurées suppose de s’inscrire auprès d’une plateforme agréée. Certaines proposent des offres gratuites, mais l’option publique gratuite que beaucoup attendaient ne viendra pas.
Situation différente, et la réponse est moins alarmante que ne le laissent penser les titres.
Si vous êtes établi hors de France, l’obligation de facturation électronique domestique ne s’applique pas à vous. Elle régit les transactions entre entreprises établies en France. Une facture à un client français est une transaction transfrontalière, qui sort du périmètre de la facturation électronique, et les fournisseurs étrangers sans établissement en France ne sont pas tenus d’émettre des factures électroniques françaises.
Ce qui change se situe du côté du client. Les achats transfrontaliers relèvent de son obligation d’e-reporting : il doit transmettre à l’administration fiscale des données sur la transaction, et ces données viennent de la facture.
La conséquence est indirecte mais bien réelle. Les services financiers français viennent de reconstruire l’ensemble de leur processus de facturation, et un processus en reconstruction devient exigeant. Attendez-vous à plus de questions sur les mentions de vos factures, à des cycles de validation plus lents cet automne, et à moins de tolérance envers une facture qui arrive sous forme de document personnel portant un nom et un RIB. Si un comptable ne parvient pas à identifier un fournisseur immatriculé sur la facture, sa déclaration devient plus compliquée, et le réflexe le plus simple est de demander autre chose.
Le régime de sanctions a été fixé par la loi de finances pour 2026, adoptée le 2 février 2026. Le défaut d’émission d’une facture électronique conforme est sanctionné par une amende de 50 euros par facture — contre 15 euros initialement prévus — plafonnée à 15 000 euros par an. Le défaut de transmission des données d’e-reporting coûte 500 euros par transmission, également plafonné à 15 000 euros par an. S’y ajoute un risque de perte du droit à déduction de la TVA sur les transactions concernées.
L’absence de raccordement à une plateforme agréée est traitée différemment. L’administration adresse d’abord une mise en demeure et laisse trois mois pour régulariser. Si la situation perdure, les sanctions démarrent à 500 euros par trimestre et augmentent ensuite.
L’administration fiscale a indiqué qu’elle adopterait une approche proportionnée face aux difficultés techniques réelles dans la phase initiale, et que les entreprises seraient d’abord invitées à démontrer leur démarche de mise en conformité avant toute sanction. C’est en pratique une période de tolérance, pas une dispense, et l’obligation de fond reste inchangée.
Si vous êtes établi en France : vérifiez que vous pouvez recevoir des factures électroniques structurées, ce qui suppose de choisir une plateforme agréée et de vous assurer que votre adresse de réception est bien inscrite dans l’annuaire. Vérifiez que l’inscription existe réellement plutôt que de supposer que votre plateforme l’a faite. Regardez ensuite quelle échéance d’émission vous concerne : septembre 2026 si vous êtes une grande entreprise ou une ETI, septembre 2027 sinon.
Si vous facturez des clients français depuis l’étranger : aucune obligation française ne pèse sur vous, mais votre facture doit pouvoir être traitée proprement par la comptabilité du client — émise par une entreprise immatriculée et identifiable, avec un numéro, une date et une identification en bonne et due forme, plutôt qu’un document personnel.
Dans les deux cas : faites confirmer votre situation par un expert-comptable. Les dates et les montants donnés ici sont exacts, mais les questions de périmètre dépendent du flux de transactions concerné et de votre statut d’établissement, et cela ne se tranche pas depuis un article.
Pour une personne sans société immatriculée qui facture un client français, l’obstacle n’est pas vraiment la réforme : c’est la comptabilité du client. Il lui faut une facture émise par une entité réellement immatriculée, portant les informations dont dépend sa déclaration, et un document personnel avec un RIB ne remplit pas ce rôle.
C’est là que Remotify intervient. Remotify est une entité européenne immatriculée en Estonie qui émet des factures conformes aux obligations fiscales pour le compte des personnes qui l’utilisent : le client reçoit ainsi une véritable facture européenne émise par une entreprise immatriculée et peut la traiter normalement. Les paiements passent par le SEPA, le système européen standard de virement bancaire, et l’inscription passe par une vérification KYC et AML, c’est-à-dire les contrôles d’identité et d’origine des fonds qu’impose la réglementation financière. Remotify prend également en charge la déclaration DAC7, la règle européenne qui oblige les plateformes à communiquer aux administrations fiscales les revenus perçus par leurs utilisateurs.
Deux limites, dites clairement. Remotify ne gère pas vos propres obligations fiscales : la déclaration de vos revenus dans votre pays reste la vôtre, et mérite d’être traitée avec un expert-comptable local. Et si vous êtes établi en France, Remotify ne vous libère pas de vos obligations au titre de la réforme. Vous devez toujours pouvoir recevoir des factures électroniques structurées, et votre échéance d’émission reste la même. Aucun service de facturation ne change cela.
Oui. Elle concerne toutes les entreprises établies en France qui réalisent des transactions B2B domestiques, quelle que soit leur taille, y compris les micro-entreprises et les auto-entrepreneurs. Tout le monde devait pouvoir recevoir des factures électroniques structurées depuis le 1er septembre 2026 ; les micro-entreprises et les PME devront en émettre à partir du 1er septembre 2027.
Non. La franchise en base ne vous dispense pas de l’obligation de facturation électronique. La réforme vise les entreprises assujetties à la TVA en tant que catégorie juridique, et pas seulement celles qui la collectent effectivement ; une entreprise en franchise reste assujettie. Vous deviez pouvoir recevoir depuis septembre 2026 et vous devrez émettre à partir de septembre 2027. Votre e-reporting suit un rythme allégé, tous les deux mois.
Cela dépend d’où vous êtes établi. Pour les transactions B2B domestiques entre entreprises établies en France, le PDF ordinaire n’est plus valable : la facture doit être structurée et transiter par une plateforme agréée. Si vous êtes établi hors de France, votre facture est une transaction transfrontalière et vous n’êtes pas tenu d’émettre une facture électronique française.
Pas via le portail de l’État. Ce projet a été abandonné en octobre 2024, et le Portail Public de Facturation fait désormais office d’annuaire et de concentrateur de données, pas de solution de réception gratuite. Recevoir suppose de passer par une plateforme agréée, même si certaines proposent des offres gratuites.
Une plateforme privée immatriculée par l’administration fiscale, autorisée à émettre, recevoir, acheminer et transmettre les données de facturation pour le compte d’une entreprise. Les 101 premières ont été agréées avant l’échéance. Le terme a remplacé l’ancienne appellation « PDP » en juillet 2025, sans changement de rôle.
La facturation électronique concerne les transactions B2B domestiques, avec une facture structurée qui transite par une plateforme agréée. L’e-reporting concerne ce qui sort de ce périmètre — ventes aux particuliers, transactions transfrontalières, exportations, et certaines données de paiement — et transmet des données de transaction à l’administration sans qu’une facture ne circule. Être hors du périmètre de l’une ne vous place pas hors de celui de l’autre.
Au titre de la loi de finances pour 2026 : 50 euros par facture en cas de défaut d’émission conforme et 500 euros par transmission d’e-reporting manquante, chacune plafonnée à 15 000 euros par an, avec un risque de perte du droit à déduction de la TVA sur les transactions concernées. L’absence de raccordement à une plateforme agréée déclenche une mise en demeure et un délai de trois mois, après quoi les sanctions démarrent à 500 euros par trimestre et augmentent.
Non. Un amendement visant à repousser la réforme a été rejeté par l’Assemblée nationale en 2025, et la date du 1er septembre 2026 a tenu.
Remotify émet la facture en son nom et vous verse le paiement. Voyez comment le processus fonctionne, étape par étape.
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